Même avec deux diplômes universitaires en poche, une plus grande distinction et des stages dont tout le monde rêve à votre actif, vous n’aurez plus jamais de certitude quant à l’avenir de votre emploi. Une bonne raison pour travailler à votre ‘employabilité’.

L’époque à laquelle votre employeur pouvait assurer la sécurité de votre emploi est bel et bien révolue. Il vous revient désormais d’entretenir votre ‘employabilité’, c’est-à-dire de faire en sorte de rester un atout intéressant sur le marché de l’emploi. Et d’après Jan De Keyser, conseiller d’entreprise chez ‘Attent voor talent’, la tâche est tout à fait réalisable. « Des coaches spécialisés existent pour vous assister. Ils vous aideront par exemple à prendre conscience de ce que vous attendez de votre carrière. Les entreprises aussi prennent de plus en plus conscience que le fait de contribuer à développer l’employabilité de leurs collaborateurs ne signifie pas nécessairement que ces derniers iront ensuite voir ailleurs. »

Talentisme 
Il y a quelques années, Jeffrey Joerres, grand patron de Manpower, lançait le néologisme ‘talentisme’ à l’occasion du World Economic Forum qui se tenait à Davos. Selon lui, le talent était devenu pour les entreprises un élément plus important que les capitaux. Contrairement à ce que l’on pensait auparavant, Jeffrey Joerres était d’avis qu’il ne fallait plus se contenter d’attirer, de développer et de conserver le talent. Il s’agissait d’établir un dialogue avec ce talent, de veiller à ce qu’il se développe en permanence afin de rester employable en toutes circonstances sur le marché.

« La gestion des talents doit aller au-delà des mesures et évaluations. »

Dans la littérature spécialisée, les experts en RH partent généralement du principe que trois clés sont nécessaires à cet égard : investir dans les connaissances et les compétences, construire un réseau social solide, et élaborer un plan de carrière précis. Ces tâches incombent-elles uniquement à l’employé? « Non », répond Jan De Keyser, « les entreprises sont de plus en plus conscientes qu’il est important de donner à leurs collaborateurs la possibilité de développer leurs talents. Elles consacrent souvent beaucoup d’efforts à la gestion des talents, ce qui est une très bonne chose. Malheureusement, elles se contentent généralement de mesurer et d’évaluer. Les entreprises identifient les faiblesses de leurs collaborateurs, établissent des plans de formation pour combler ces lacunes, et développent et appliquent des instruments et autres techniques. Ce n’est pourtant pas de cette façon qu’elles augmenteront l’employabilité de ces collaborateurs. La gestion des talents doit plutôt être un ‘état d’esprit’, qui commence par la confiance en l’individu. Je suis par exemple fermement convaincu que chacun se sentirait un peu plus sûr de ses chances sur le marché de l’emploi s’il devait subir moins d’entretiens d’évaluation et de fonctionnement. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à toute concertation. Au contraire, je trouve qu’il devrait y avoir davantage de dialogues ouverts au sujet de la passion et de l’énergie. Si les entreprises parvenaient à apprécier davantage les talents de leurs collaborateurs, ils contribueraient fortement à l’employabilité de ceux-ci. »

« Je suis convaincu que chacun se sentirait un peu plus sûr s’il devait subir moins d’entretiens d’évaluation.»

Une aide extérieure
Jan De Keyser insiste toutefois sur le fait qu’il ne met pas toutes les organisations dans le même panier. « Il existe également de nombreux employeurs qui s’investissent énormément dans l’accompagnement des talents et soutiennent ainsi l’employabilité de leurs collaborateurs. Mais cela peut parfois s’avérer difficile s’ils proviennent de cultures différentes. Dans ce cas, un coach externe peut se révéler être une bonne solution. La globalisation et la numérisation vont de pair avec des changements tellement rapides qu’il est devenu bien plus nécessaire qu’avant, dans le monde professionnel aussi, de se poser de temps à autre afin de réfléchir. Il s’agit simplement de faire le point de la situation et de se demander si l’on se sent encore bien dans son travail. Chacun aura ainsi l’occasion d’établir son portefeuille de talents, ce qui est bien sûr idéal pour développer son employabilité. »

Rester un profil intéressant pour les employeurs
Vous avez 35 ans, occupez une belle position et pensez dès lors que plus rien ne peut vous arriver ? Détrompez-vous. Pour rester un atout sur le marché du travail, il faut investir sans cesse. Ci-dessous, 5 règles de base:

RÈGLE N° 1 – Gardez en tête qu’aucun emploi n’est éternel
Ne partez jamais de l’idée que vous êtes irremplaçable ou que votre employeur ne vous licenciera jamais. Même dans une entreprise qui aujourd’hui domine le monde et offre des salaires de rêve, les emplois peuvent disparaître du jour au lendemain. Voyez pour exemples Blackberry et Nokia. En gardant bien cela à l’esprit, vous vous engagez dans la bonne direction pour rester vigilant en permanence et donc, augmenter vos chances de trouver un autre emploi.

RÈGLE N° 2 – Faites régulièrement réviser votre carrière
Votre voiture doit passer au contrôle technique. Pour vos dents, vous vous rendez une ou deux fois par an chez le dentiste. Il devrait en aller de même de votre carrière. Consultez un coach de talent ou utilisez le chèque carrière pour un check-up de votre vie professionnelle.

RÈGLE N° 3 – Soyez conscient que la routine n’est jamais profitable
Tout comme dans un mariage, le train-train risque aussi toujours de s’installer dans une relation professionnelle. Et le train-train n’est pas une bonne chose. Attention ! Nous n’encourageons pas pour autant les changements de job incessants. Mais si vous réalisez que même au Japon, le fait de travailler à vie pour le même employeur n’est plus aussi respecté qu’avant, vous êtes sur la bonne voie.

RÈGLE N° 4 – Perfectionnez-vous 
Une étude menée par l’université de Maastricht a montré que les nouvelles connaissances que vous avez acquises vous serviront en moyenne pendant trois ans. Jusqu’il y a peu, elles restaient utiles pendant douze ans. Il est dès lors plus que jamais indispensable de se former en permanence. Si les cours et autres formations vous viennent peut-être tout de suite à l’esprit, le principe du ‘learning on the job’ – comme le faisaient autrefois les disciples auprès de leur maître – peut aussi s’avérer intéressant.

RÈGLE N° 5 – Investissez dans votre personnalité
Les connaissances et aptitudes techniques ne sont plus suffisantes aux yeux d’un employeur. Même à l’ingénieur le plus doué, on préférera, lors d’une procédure d’embauche, un candidat possédant moins de connaissances techniques mais davantage de compétences sociales. Travaillez dès lors à votre identité.

PAR Geert Degrande